Kairō
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Cette maison de la nature ne s’implante pas directement sur les vestiges de l’abbaye cistercienne, mais vient s’inscrire dans une géographie de limites. Le nouveau bâtiment se positionne stratégiquement à cheval sur un ancien mur de clôture historique de l’école, marquant la rupture entre l’espace communal bâti et le paysage de la vallée.
Ce positionnement fait de l’architecture un belvédère, une interface physique entre l’héritage minéral du village et la dimension végétale de la Réserve de Biosphère des Vosges du Nord.
Le long de coursives d’exposition, galeries légères survolant le sol, le visiteur déambule au rythme de présentations temporaires valorisant le patrimoine naturel. Au cœur de la structure, un bar associatif s’installe comme un havre de convivialité, destiné à resserrer les liens entre villageois et marcheurs de passage. Enfin, un espace atelier se met au service de la pédagogie : à la fois lieu de stockage et sanctuaire de travail, il accueille les activités de sensibilisation pour réapprendre à écouter la vallée.
Le chêne a été coupé en forêt domaniale à seulement 3 km du site. Ce bois, de la classe la plus inférieure, était initialement destiné à la trituration pour fabriquer de l’aggloméré le « surimi » de bois. En récupérant ce «déchet», nous transformons une ressource déconsidérée en un bois d’œuvre noble et structurel
L’architecture découle directement des contraintes de la ressource. Nous avons déterminé une section unique de 160 x 160 mm (bois plein cœur), permettant de produire à la fois les poteaux et les poutres.
La longueur limitée des bois disponibles a dicté une trame serrée de 3m, permettant de franchir les portées simplement, sans collage ni transformation complexe.
Les chutes d’équarrissage ont été récupérées sous forme de planches pour le platelage.
Le chêne est réservé au sol et aux éléments exposés aux UV et à la pluie battante. Le pin de Hanau (scié chez Gasser à 6 km) constitue le reste de la structure abritée.
L’absence de fixations chimiques ou métalliques permanentes rend le bâtiment 100 % démontable.
Comme un mécano géant, chaque élément peut être désassemblé sans altérer la matière première.
Cette logique se poursuit jusqu’aux fondations ; la structure repose sur 60 pieux métalliques vissés, évitant tout recours au béton.
En dévissant les jonctions et les pieux, le site peut retrouver son état naturel en quelques semaines, ne laissant aucune trace de son occupation.
Maison de la nature (57)
Surface : 350 m2
Coût : 250 000 € HT
Localisation : Sturzelbronn, Moselle, 168 habitants
Maîtrise d’Œuvre : Dratler Duthoit architectes
Livraison : Juillet 2026
photographies : Luc Boegly©



















